« Transmongolien»
(Dimanche 15 août 2010 - 10e jours du TDM-Roland)
Nous avions pris nos quartiers d’été la veille dans le fameux Transmongolien, train mythique reliant deux capitales politiques, Beijing et Oulan Bator en moins de 30 heures.
Notre aventure avait commencé dans le train local chinois pour continuer dans les cabines couchettes luxueuses du Transmongolien (même en seconde classe), où nous passions la nuit et une partie de notre week-end du 15 août, si cher aux Français qui ne savent plus vraiment ce que cela signifie.
Nous avions fait la rencontre de plusieurs touristes (Allemands, Français, Irlandais, Australiens, Anglais…), de grands voyageurs (Hollandais…) et natifs mongols.
Les rencontres qui nous ont marqué, sont celle de Tulga et de cette famille Française vivant non loin de chez nous dans les Yvelines et avec qui nous avons pris le temps de répondre a quelques questions devant notre camera, de partager nos points de vues, nos goûts musicaux, nos expériences respectives et biens sûr d’échanger nos contacts.
Tulga est un jeune Mongol, qui étudie depuis près de 2 ans au Etats-Unis à San Francisco. Cela faisait deux ans qu’il n’était pas rentré en Mongolie pour voir sa famille et dans le train, il voyageait avec sa grand mère, venue le chercher à Beijing pour l’occasion.
Il nous a rendu un grand service dans le train et pour le remercier, nous l’avons convié a goûter à la bouteille de vin blanc que Cédric Bilien nous avait offert en partant de Hong Kong. C’était la première fois qu’il goûtait un vin blanc français.
Pour combler le tout, Tulga nous a surpris pas ses goûts musicaux, il adorait Edith Piaf, Claude Francois et Stan Getz… Nous avions 1 chance sur 3 millions pour rencontrer un Mongol qui chantait « Aux Champs-Elysées » dans une cabine du Transmongolien, entouré de steppes, de yourtes et de vaches...
BAYARLALAA (Баярлалаа) to Tulga !
« Interview avec Guy et Jacques au Bistrot Français »
(Lundi 16 août 2010 - 11e jours du TDM-Roland)
La veille de notre arrivée à UlaanBaatar, la capitale Mongole, nous avons rencontré Sol. Un Phillipin qui nous a accueilli chaleureusement chez lui. Nous l’avions rencontré via couchsurfing ; grâce a lui, nous fûmes logés sur Peace Avenue, « les Champs-Elysées Mongol ».
Nous avons marché quelques heures, les cinq sens en éveil, nous imprégnant de la ville. Notre guide Damien, un français couchsurfeur accueilli par Sol, nous a permis de découvrir ce magnifique endroit, ses senteurs et décors atypiques.
J’en ai profité pour passer au Bistrot Français, raison de notre visite au pays de Gengis Khan où m’attendait Guy, propriétaire des lieux.
Guy et Jacques, chef des cuisines n’en revenait pas de croiser deux jeunes venues de France pour parler de gastronomie française.
Nous avons pris le temps de nous attabler avec Guy autour d’un pastis et commencions l’interview.
Cette interview se passe en trois temps, nous dressons le portrait de Guy, durant l’apéritif où il explique son parcours, ancien d’Alcatel, devenu restaurateur il y a 7 ans, et reprenant une affaire qui a appartenu à des Corses. Il est le seul restaurateur Français sur place ayant monté un bistrot typiquement Français. Vous pouvez découvrir son portrait en ligne sur notre site web. Ce profil atypique, vous apporte plein de réponse sur ses choix mais aussi des conseils et erreurs à éviter.
Dans un second temps, nous rendons visite, a quelques pas de là, dans les cuisines où Jacques, le jeune chef français, nous concocte un diner purement français. Il nous prépare devant les cameras, des recettes traditionnelles : rillettes de porc, noix de saint jacques, steak au poivre avec ses frites et sa salade et pour finir une crème brûlée et une mousse au chocolat. Nous décidons pour respecter ces mets, de les accompagner avec une bouteille de vin rouge du Pays d’Oc, du Merlot.
A Table !
Après ce succulent diner, nos préférences ont été aux rillettes de porc et au steack au poivre. Pourquoi ? Jacques nous a explique que les deux plats était réalisé avec des produits locaux et, sincèrement, la viande mongole vaut le déplacement, Paris-UB !
Nous passons sur la terrasse du bistrot, après la fin du service, pour dresser le portrait de Jacques Catteloin, chef de 29 ans, qui a connu aussi bien l’exotisme Réunionnais que les missions glaciales de l’Antarctique. La dernière partie de l’interview se fit autour d’un bon expresso, rare à UB et des volutes de fumée bleue.
MERCI mille fois a Guy et Jacques et encore bonne chance dans votre aventure !
« Interview avec Demi au restaurant Monet»
(Mardi 17 août 2010 - 12e jours du TDM-Roland)
Après une excellente soirée en compagnie de Guy et Jacques au Bistrot Français, d’une bonne nuit de sommeil chez Sol, on décide d’aller se promener vers le parlement.
A côté du parlement, vous trouvez une des tours les plus moderne d’UB, haute de 17 étages, toute en verre comme on en trouve des milliers en Chine, mais imaginez ce building plante au milieu de yourtes.
Cette « sky tower » était censée être le premier hôtel de luxe en Mongolie, mais l’opération n’a pas fonctionné. A l’entrée de la tour, ce qui choque, c’est la présence de Luis Vuitton et d’autres boutiques de luxe, présentes sur un si petit marché. Un pays qui fait 4 fois la taille de la France, et qui compte seulement 3 millions d’habitants ; où la majorité de la population vit dans des yourtes ou des petites maisons jamais finies. Nous nous rendrons comptes plus tard que le groupe LVMH fait un investissement raisonné. La Mongolie a la vocation de devenir un des pays les plus riches d’Asie grâce a ses réserves en or, uranium et pétrole sans omettre le potentiel touristique immense du pays. Vous ne trouvez dans aucun autre pays ce sentiment de liberté et cette nature qui s’étale sur des centaines de milliers de km.
Nous avons ensuite traverse un immense hall, pour prendre l’ascenseur et accéder au 17e étage de la « sky tower », boire un verre dans le fameux « sky lounge », un bar avec une vue dominant toute la ville et donnant sur le portrait de Gengis Khan gravé dans la montagne.
Derrière la réception, nous étions surpris de voir le nom de Monet. La réceptionniste nous indiqua l’entrée d’un restaurant que nous n’avons pas trouvé sur internet lors de nos recherches.
Je demandai immédiatement à rencontrer le chef des cuisines pour obtenir une interview. Demi, le chef Mongol, nous accueilli chaleureusement et ayant expliqué comme à notre habitude notre projet, il donna son accord pour une interview. Cette interview tournée dans les cuisines et dans son bureau, nous permis de faire de belles images de toute la ville.
Durant son interview, Demi nous explique qu’il a passé les 7 dernières années à travailler en Angleterre dans les cuisines de plusieurs restaurants, à découvrir les saveurs indiennes, japonaise, françaises et italiennes. Il nous parle de sa vie en Europe travaillant 12 à 16 heures par jour, animé du désir de s’enrichir des plus belles gastronomies, à ses yeux. Le but final étant de revenir il y a 3 ans en Mongolie pour diriger les cuisines de l’unique restaurant international d’UB.
Mais pourquoi Monet ?
Demi nous raconte son amour pour l’art impressionniste, l’envie de ramener dans ses bagages un petit coin d’Europe, mais aussi le côté luxe et l’étiquette française qu’un nom pareil peut apporter a son restaurant.
Après quelques heures en blouse blanche dans les cuisines, il nous apprenait qu’un grand chef étoilé français devait venir faire un évènement culinaire dans la steppe et le désert de Gobi. Mais son nom reste secret !
Il est temps pour nous de remercier ce cher Chef Mongol que nous comptons revoir dans notre prochain périple Mongol…
BAYARLALAA (Баярлалаа) to Demi and his TEAM !!!
« Rencontre avec une famille Mongol »
(Mercredi 18 aout 2010 – 13e jours du TDM-Roland)
Ce matin la, Sol, notre hôte nous a préparé une petite surprise que nous n’étions pas près d’oublier.
Sol est venu des Philippines, où il avait un poste à responsabilité dans une grande boite pharmaceutique, pour devenir volontaire et aider les plus pauvres. Il est médecin volontaire, il donne aussi des cours de médecine à l’hôpital d’UB, et comme si cela ne suffisait pas, il trouve le moyen d’enseigner l’anglais à des collégiens Mongol. N’omettons pas le fait qu’il accueille des globes trotteurs comme nous et leur offre gracieusement le gite et le couvert pendant 2 jours, 10 jours, 1 mois et parfois 3 !!!
Ce qui est sûr, c’est qu’il faut faire des milliers de kilomètres pour connaître une telle personne. On les trouve rarement en France, ces gens là ! Mais si une personne peut m’apporter la preuve contraire, je reste ouvert.
Passons…
Il nous explique dans la voiture qui nous mène chez son patient, qu’UB se divise en « Khoroo », ce qui correspond à nos arrondissements parisiens. Lui habite dans un quartier central « Khoroo 2 », proche du parlement où trône l’immense statue de Genghis Khan et non loin des ambassades.
Les personnes qui nous transportent chez son patient, ne sont autres que ses petits enfants, venus nous prendre en voiture pour l’occasion. Sol les a prévenus que nous souhaitons rencontrer une famille Mongole afin de partager un moment unique. Nous envisageons principalement notre voyage, non pas par la visite des monuments historiques, mais par la rencontre avec les habitants d’un pays, le partage de leur tradition, ce qui se fait souvent autour d’une table.
Arrivés chez son patient, nous découvrons une petite maison en béton où vivent 3 générations et une yourte dans le jardin. Ce qui montre l’attachement du peuple Mongol à leurs traditions. Il reste encore de nombreuses familles nomades en Mongolie, vivant uniquement dans des yourtes, l’équivalent de nos tentes de camping, avec plus de gout.
Nous entrons à l’intérieur, le repas se prépare, et une table avec des mets locaux est dressée dans le salon. Nous rencontrons, les parents et petits enfants qui nous saluent, et nous les saluons en retour.
Dans la pièce suivante, nous faisons la connaissance des grands parents. Une dame vêtue des habits traditionnels avec un grand sourire et les traits marqués par l’âge, et un vieux monsieur dans sa chaise, paralysé, qui est en fait le patient de Sol.
La première question qu’il pose a Sol: « Est ce que ces deux jeunes hommes fument des cigarettes? »
Après nous avoir traduit la question, nous répondons : « Oui, bien sûr ! » faisant un signe positif de la tête accompagné d’un grand sourire.
Vous vous imaginez, vous, votre grand père qui reçoit la visite d’un médecin avec deux inconnus, et dont le seul intérêt est de savoir s’il va pouvoir partager une cigarette avec ces 2 voyageurs !
Nous avons tout de suite été acceptés par la famille, et nous avons offert directement une cigarette a leur grand père et ce devant les yeux effarés de Sol. Rien ne pouvait le rendre plus heureux, et c’est comme s’il avait oublié le but de la visite de Sol. Assis sur son lit, il commence à nous poser plein de question, coupant ses phrases, recrachant la fumée de sa cigarette, posant une autre question.
Ce fut un moment excellent, plein de fou rire, de joie. On a pris des photos en « famille » pour marquer le coup.
De retour, dans le salon, il fallait honorer le repas préparé par la mère et la petite-fille tandis que Sol s’occupait de son patient. La table offrait du salami, des buzz, du fromage au lait de yack, des sucreries et une bouteille de vodka. Selon la tradition, servie dans des « shots » à température ambiante, nous devons boire jusqu’à la fin de la bouteille.
Après 4 « shots » en 15 minutes et ce, au repas de midi, cela vous fait un effet tout drôle, lorsque vous tentez de vous lever de votre chaise.
Ce fut un moment particulier que nous passâmes avec cette famille et je recommande à toute personne souhaitant visiter la Mongolie de vivre cette expérience.
Maraming Salamat Pô to Sol and his Mongolian Family !
« Un tour au Marché Noir »
(Jeudi 19 aout 2010 – 14e jours du TDM - Saint Jean Eudes - Roland)
Il existe un marché aux puces que l’on appelle sur place « le marché noir ». On y trouve toutes sortes de choses, souvenirs, bibelots, étoffes aux milles couleurs, des chaussures aux virgules américanisées aux vêtements traditionnels Mongols, bottes en cuir de yack ainsi que les « Dels ».
Les fils de la famille Mongol rencontrés la veille nous proposèrent de nous emmener visiter ce marché noir et de nous aider à faire de bonnes affaires.
Cet après midi, vers 14h, les deux frères se présentent à la porte de l’immeuble de Sol avec leur voiture. 15 minutes plus tard, nous arpentons les allées du marché, bondées et bruyantes, ce qui me rappelait le souk de Nabeul, en Tunisie.
Il ne nous a fallu que quelques minutes pour trouver notre bonheur, des habits traditionnels vus au musée national, les « Dels ». Très épais, ils protègent du froid et ce jusqu'à -40 C. Nous ne souhaitons pas acheter des souvenirs dans tous les pays que nous traversons, simplement pour acheter, nous recherchons à tout objet son utilité.
Sans le savoir et au lieu d’un achat, nous succombons à la beauté d’une veste en cuir retournée, habit d’apparat pour aller galoper dans la steppe.
Pour compléter l’ensemble, nous négocions les ceintures en soie orange pour notre Del, afin de ressembler à de parfaits Mongols.
Nous pouvons une fois de plus remercier Sol et « sa famille » qui nous font découvrir ce merveilleux pays.
« Visite du Monument Russe »
(Vendredi 20 aout 2010 – 15e jours du TDM-Saint Bernard-Roland)
Cet après midi, nous voulons réaliser des plans vidéos de la ville d’UlaanBataar, et plus précieusement, une vue d’ensemble. Cela permettra de nous rendre compte de la taille de cette capitale.
Nous partons en taxi avec la camera au poing, vers le monument russe
, situe a l’extérieur de la ville, sur les hauteurs d’UB, entre le portrait gigantesque de Gengis Khan et le Buddha de plus 26 mètres de hauteur.
Ce sont finalement trois éléments qui ont marqué l’histoire de la Mongolie, le grand empire de Gengis au 13e siècle, l’influence bouddhiste et la période rouge qu’a connue la Mongolie au 20e siècle.
Arrivant sur les lieux, notre chauffeur de taxi, se trompe de route, empruntant un chemin boueux et souhaitant avec sa berline traverser des rivières et monter des côtes impossibles. Il devait être inspiré par notre camera, mais il a dû renoncer à ses cascades pour que nous puissions atteindre notre but.
En bas de la colline, on trouve des petits commerçants essayant de vendre quantité de jouets chinois en plastique aux touristes, comme ceux des travailleurs clandestins de la tour Eiffel. Il y a aussi une baraque à frites plantée là et quelques enfants qui s’amusent autour d’une copie de char soviétique vantant les mérites de l’armée rouge.
De notre côté, nous évitons tout les traquenards a touristes, montons les marches vers ce monument a la gloire de l’ex-URSS, évitons un autre traquenard à touristes, qu’est la photo avec l’aigle sur votre bras, pour enfin toucher au but. Une sculpture immense en béton se dresse devant nous développant une fresque circulaire aux images carrées et évocatrices, la « propagande coco » des années 50.
Ne nous attardant pas sur ce bloc, nous préférons admirer la vue sur les montagnes environnantes et toute la ville d’UB. Nous restons jusqu’au couché de soleil qui offre des teintes roses et oranges et nous nous décidons à partir qu’à la nuit tombée…
Nous conseillons à toute personne visitant UB, d ‘aller admirer la cité mongol du monument russe car c’est en fait le meilleur point de vue qu’on puisse avoir.
« Pique-nique au bord de la rivière »
(Samedi 21 aout 2010 – 16e jours du TDM-Saint Christophe-Roland)
En ce beau week-end d’août, Sol nous propose d’aller pique-niquer au bord de la rivière et non loin du monument visite la veille.
Nous acceptons volontiers l’invitation et nous rendons avant chez les parents de Bollormaa, une jeune Mongole, rencontrée quelques jours plutôt dans un bar dansant.
Après un déjeuner copieux chez Bollormaa, nous l’invitons à nous rejoindre avec son fils, afin que son fils de 4 ans puisse aussi profiter des joies de la nature au lieu d’être enfermé dans son appartement.
Nous rejoignons Sol devant le monument Russe, point de rendez-vous, et nous nous retrouvons à une petite dizaine de convives. Sol en avait profité pour convier les autres couchsurfeurs présents chez lui, Jacob, Daniel et Damien, ainsi que des collégiens, étudiant l’anglais.
Nous étions tous ravis de pouvoir partager le temps d’une ballade, d’une partie de foot et d’un goûter, nos aventures personnelles de globe-trotteurs et de faire profiter au plus jeunes nos acquis en anglais.
Nous prîmes le temps d’escalader la colline, avec aux alentours, des boucs, des chèvres et des brebis. Nous en profitâmes pour prendre quelques photos et rush pour la beauté des paysages.
Nous quittâmes les lieux à la tombée de la nuit pour commencer la soirée chez Sol, en compagnie des aînés et pour célébrer notre samedi soir comme il se doit.
« L’œuf centenaire »
(Dimanche 22 aout 2010 – 17e jours du TDM-Saint Fabrice-Roland)
Aujourd’hui, Sol veut nous faire vivre une expérience culinaire en provenance directe des Philippines.
Il est allé acheter au marché des œufs centenaires. Il connaît bien la différence avec un œuf normal mais n’envisagea pas notre réaction. Nous passons dans la cuisine avec Damien et Lou, deux couchsurfers présents à midi. Damien connaît déjà la réaction que nous aurons à la vue de cette chose ! Nous découvrons un œuf pourri dans une assiette, coupé en 4.
Sol nous invite à mettre un peu de sel dessus car il paraît que c’est encore plus délicieux et à le gouter.
Notre première impression est le dégoût. C’est comme si je vous demandais de manger du fromage blanc périmé depuis 1 mois.
Comment peut on manger une chose aussi ignoble me direz vous ? Je comprends à ce moment la réaction d’un étranger à la vue d’un fromage avec de la pourriture.
Sol ne comprend pas notre réaction et décide de montrer l’exemple en mangeant l’œuf entier. Il me vante les mérites de son œuf centenaire et je décide de me lancer sans vraiment savoir pourquoi.
Je prends un quart dans ma main, je mets un peu de sel dessus et Damien pour me rassurer me dit que c’est le même goût qu’un œuf dur. Ce qui me pose problème est sa couleur noire au lieu d’être blanche, le jaune est vert-jaune pourri et gluant avec une fine couche de mousse. Je décide de fermer les yeux et de le mettre dans ma bouche, pensant à son aspect, je veux vomir. Mais Damien a raison, sur le palais, l’œuf centenaire a le même goût.
Je reste dubitatif devant cet œuf centenaire, et me demanderais toute ma vie, l’intérêt de manger un œuf à l’aspect répugnant. On a vraiment l’impression de regarder une fiente de pigeon.
Je recommande malgré tout d’essayer si on vous le propose, mais surtout de ne pas vous forcer pas pour faire plaisir à quelqu’un.
Je déteste cette mentalité stupide des touristes ou voyageurs qui mangent du chien, du chat, du rat, des singes, des araignées, des insectes en tout genre, en pensant que c’est une preuve d’ouverture d’esprit sur d’autres cultures…Il n’y a aucune fierté a manger quelque chose qu’on aime pas ou qui nous rebute.
« A la recherche d’un guide et de chevaux »
(Lundi 23 aout 2010 – 18e jours du TDM-Sainte Rose de Lima-Roland)
Après un dimanche au calme, et une semaine à UB, nous voulons réaliser notre excursion dans un parc national.
Nous choisissons le parc de Terelj, facile d’accès en bus et lieu connu par tous les touristes et voyageurs qui souhaitent dormir dan une yourte en pleine steppe.
Notre but est aussi de trouver un cheval et un guide pour les prochaines 48 heures.
Nous prenons le bus situé à 5 minutes a pied de chez Sol, toujours sur Peace Avenue. Il y a un bus qui part touts les jours à 11 heures du matin, pour la modique somme de 3 euros/personne. Il faut compter 70 euros pour y aller en taxi. Nous recherchions quelques jours auparavant un tour organisé, plus simple, mais les prix nous paraissaient trop élevés.
Nous partons donc à 11 heures du matin d’UB dans un bus de ville où, chanceux, nous obtenons deux places assisses. Un conseil aux personnes qui choisissent notre option, soyez les premiers dans le bus si vous ne souhaitez pas passer les 3 heures suivantes debout.
Nous arrivons à 14h après plus de 8 arrêts dans des villes ou en pleine nature. Le terminal du bus se trouve dans un petit hameau planté au milieu de la steppe. Les derniers passagers du bus sont un couple de jeunes israéliens, un autrichien et un Mongol complètement bourré et nous même. Nous n’avons aucun contact de guide ou d’agence sur place, aucune idée de ce qui nous attendra pour la suite.
L’aventure, c’est l’aventure !
Nous discutons dix minutes avec les autres touristes puis nous partons. Le couple d’israéliens part dans une direction et nous dans l’autre avec l’autrichien. Après cinq minutes de marche, nous avons faim. Nous nous arrêtons au premier village de yourte pour dégoter une famille qui pourrait nous préparer un déjeuner. On tombe sur un campement de luxe, où les yourtes sont montées sur une dalle de béton. Loin de la nature, la plus grande yourte est en fait un restaurant très propre mais avec une décoration simple et froide. Nous passons commande de 12 délicieux buzz fourrés au mouton et au choux.
Nous patientons avec le jeune autrichien rencontré dans le bus, créateur de software au Japon, venu passer 2 semaines loin de toute civilisation. Nous discutons au soleil de nos voyages respectifs, nous nous impatientons ensemble car cela fait 2 heures que nous attendons notre repas. L’esprit occupé par le besoin de nourriture, il nous raconte qu’il est végétarien. Nous ne comprenons pas comment il fera pour s’en sortir. Le peu de diversité qu’offre la gastronomie Mongole comprend toujours de la viande de mouton. Il nous explique qu’il a commande un menu spécial végétarien avec du choux. Son choix nous vaudra au moment du service un grand fou rire, car la cuisinière ne l’a pas compris et il se retrouva avec 12 énormes Buzz au mouton.
Je n’arriverai jamais à comprendre ces gens qui se disent végétariens mais qui s’autorisent à manger de la viande pendant quinze jours, faute de quoi on les retrouverait morts de faim. Cet épisode montre bien la bêtise et le caractère paradoxal de cette population qui pense que c’est mal de tuer et manger un animal…Heureusement le peuple mongol est là pour leur rappeler que nous sommes tous carnivores !
Après le déjeuner, l’autrichien part seul vers l’inconnu, en mode « Into the wild » et nous retournons vers le village. Nous trouvons sur notre chemin un jeune Mongol avec un cheval mais il ne pourra nous le louer. Il nous propose de goûter sa compote de myrtilles fraîches et nous laisse faire un tour sur son cheval. Puis il nous indique la direction du second village où nous trouverons plus facilement des chevaux.
Dans l’unique « rue », un chemin de terre qui traverse le village, une femme nous accoste en anglais et nous lui demandons si elle a des chevaux. Elle nous répond positivement et ce avec un grand sourire, nous emmène chez elle et passe un coup de téléphone.
Nous négocions un prix qui nous paraît raisonnable, 1 cheval par personne à 10 dollars la journée et 5 dollars la nuit pour 2 dans une yourte, le diner et le déjeuner compris.
Elle nous emmène avec son mari et son fils au lieu de rendez vous, car c’est en fait son beau frère qui détient les chevaux et qui nous recevra chez lui.
Qu’elle chance nous avons eu de rencontrer cette femme sur un chemin de terre, par pur hasard, parlant anglais, connaissant un guide avec des chevaux et le tout pour un prix imbattable.
1 heure plus tard, nous étions sur nos montures, galopant vers notre campement, traversant les premiers cours d’eau et évitant nos premières branches.
Nous en avons même profité, après avoir déposé nos sacs, pour découvrir la steppe avant la tombée de la nuit.
« Au Galop dans la steppe »
(Mardi 24 aout 2010 – 19e jours du TDM-Saint Bathelemy-Roland)
Nous avons passé la nuit dans une yourte magnifique, toute la structure et le mobilier étaient en bois peint avec des motifs fleuris et colorés.
Thibault a eu la malchance d’attraper la crève en raison des basses températures, la nuit.
On passe de 30 degrés dans la journée à 3-5 degrés la nuit. Nos sacs de couchage ultra légers et fins ne protègent pas du froid en dessous de 11 degrés Celsius. Pour couronner le tout, l’été, les mongols enlèvent un bout de la yourte pour laisser rentrer l’air.
Nous prenons le petit déjeuner avec la famille pour nous réchauffer et prendre des forces. Au menu, du pain et du beurre qui nous rappellent ceux faits par Mme Quinet, fermière dans un hameau auvergnat où, enfants, nous passions nos vacances.
Le tout est à accompagner de lait de yak, coupé à l’eau chaude et salé, je crois naturellement. Ce n’est pas mauvais contrairement à ce que l’on pourrait penser et malgré mon peu de goût pour le lait, j’en redemande.
En sortant de la yourte parentale où les repas sont pris en famille, nous sommes enfin prêts à affronter les longues étendues de steppes.
Le jeune homme qui nous servira de guide et qui se prénomme Tuya Stetseg, ne parle que Mongol ! Mais cela ne nous empêche pas de nous comprendre, parlant avec nos mains. Le temps qu’il scelle nos montures, nous en profitons pour jouer au ballon avec ses enfants. Nous admirons dans le même temps, sa sœur préparant le fromage au lait de yack.
Prêts pour le grand départ !
Nous nous éloignons tranquillement du campement, en transportant notre matériel vidéo et photo. Nous galopons toute la journée sous le soleil, traversons la steppe de long en large, nous nous reposons en buvant l’eau de la rivière, nous choisissons notre route au fur et a mesure, nous gravissons les montagnes, nous croisons des troupeaux de chèvres. Les chiens de garde des yourtes environnante nous coursent à chaque fois que nous passons trop près. Nos chevaux, au trot, sont effrayés et décollent comme des fusées sous les aboiements de ces petites bêtes.
Nous prenons le temps déjeuner au bord de la rivière ce qui permet a nos « Jolly jumpers » fatigués de la vie, de faire la sieste les uns sur les autres. Au menu, un bol rempli de riz sauté avec des légumes et des petits morceaux de viande de mouton. Le tout arrosé de l’eau de la rivière, non traitée.
Puis nous repartons galoper, nous croisons un groupe de japonais faisant un trekking de luxe. Nous en profitons pour nous arrêter et les saluer, à côté d’un monument bouddhiste. Ils font un voyage organisé avec des montures flambant neuves, leurs selles derniers cris, et tout l’attirail qui va avec. Cela me fait penser que nous sommes vraiment libres, sans contraintes, sans longue caravane pour porter nos bagages, à suivre impérativement.
Le must est que nous ne sommes pas encadré par des « assholes » qui nous baladent en ligne et des animateurs ou guides qui vous gueulent dessus dès que vous faites un écart sur le chemin, comme en Europe.
Le véritable bonheur nous le trouvons ici, au milieu de la steppe. Ce concept, la « LIBERTE » si cher au cœur des Français et qui a disparu depuis bien longtemps en France, vous le retrouvez en Mongolie.
La LIBERTE, la NATURE, le RISQUE et l’AVENTURE avant tout…
« Une matinée au Wet Market »
(Mercredi 25 aout 2010 – 20e jours du TDM-Saint Louis-Roland)
Ce matin, Sol nous emmène visiter le marché d’UB dans le centre. C’est une expérience intéressante de voir où les Mongols se fournissent en viandes, fromages et légumes, mais aussi ou ils trouvent des produits importés de Chine, Russie, Allemagne…
Nous en profitons pour faire une promenade sous le soleil d’Août, présent depuis notre arrivée ; nous nous estimons chanceux.
Le marché est couvert, et l’activité à l’intérieur y est mouvementée, tout le monde s’y bouscule pour acheter les produits de saisons. Ce qui nous marque ce sont ces grandes étales de fromages de yak, de blocs de sel, de légumes frais, surmontés d’étagères de corn flakes et gâteaux aux marques américaines. Comme quoi «l’american way of life » envahit aussi les demeures Mongoles.
Nous fouillons un peu dans les frigos qui conservent les fromages frais et nous tombons sur un fromage qui s’appelle la Vache de Paris, Camembert ou encore Crème Bonjour dans des emballages plus old-school, tu meurs !
Une bonne blague Allemande ! Un emballage digne de l’Ex-RDA ! Un produit que nous avons pris en photo, rien que pour vous, mais à ne goûter sous aucun prétexte !
Vous trouvez aussi des coins spécialisés dans les produits chinois. Puis, nous passons dans un supermarché accessible situé à côté de ces halles. A l’intérieur tout est mieux organisé, et pas forcément plus cher, et l’on trouve un rayon alcools bien garni.
Vous avez une allée avec, d’un côté, des vins du monde, et de l ‘autre, un large choix de vodkas. On trouve même une femme faisant des gâteaux a la minute que nous goûtons volontiers, encore chauds, c’est ce qu’il y a de meilleur.
En sortant du supermarché, on retrouve devant l’entrée des Halles, des petits commerçant qui n ‘ont pas de quoi se payer une place a l’intérieur et qui vendent des fleurs, des légumes ou bien encore leur récolte de myrtilles.
Apres le marché, Sol retourne à la maison pour préparer un déjeuner, tandis que nous cherchons un moyen de laver nos habits en dernière minute. Mais c’est là que la tâche se complique…
« Train local Oulan Bator-Erlian»
(Jeudi 26 aout 2010 – 21e jours du TDM-Sainte Natacha-Roland)
Qu’elle tristesse ! Etre obligés de quitter un pays si magnifique. Nous garderons toujours un souvenir ému de ces 10 jours passés en Mongolie et le remords de ne pas lui avoir consacré encore plus de temps, pour la beauté de ses paysages, pour approfondir notre connaissance de son peuple et de sa culture.
Notre train est prévu à 20h00 et nous avons les billets depuis 1 semaine.
Ces sacrés billets !
Nous nous sommes donnés tant de mal pour les obtenir. Nous sommes allés à la gare une première fois le lendemain de notre arrivée pensant nous débarrasser de cette tâche en 5 minutes. Mais non, non, non ! Il a fallu revenir deux jours plus tard accompagnés des étudiants de Sol, pour nous faire comprendre par la guichetière qui ne voulait pas décrocher un mot d’anglais ou de français. Même avec leur aide, cela nous a pris 1 heure pour avoir un billet dans le Transmongolien du retour. Nous avons voulu jouer les malins, réutiliser la même technique qu’à l’aller, pensant qu’on pourrait payer une moitié à la gare pour un UB-Erlian et renégocier les billets dans le train avec notre chère « Master ». Nous avions dans les mains les tickets pour UB-Erlian à la fin de la journée, mais une semaine plus tard, nous allions découvrir notre fameux Transmongolien.
Nous profitons de nos derniers instants sur place, un dernier verre avec Cédric, le chanteur des Apatrides, et Matthew l’éducateur, tous deux Français et rencontrés quelques jours auparavant.
Nous ne les remercierons jamais assez d’avoir rapporté nos emplettes en France pour nous soulager de leur poids et encombrement pour la suite de nos aventures.
Nous mangeons un bon repas au restaurant coréen, car même si le Transmongolien à un restaurant, nous sommes heureux de faire découvrir cette adresse a nos deux compères.
Un dernier ADIEU à SOL, nôtre hôte, que nous n’oublierons jamais et espérons de tout cœur revoir un jour même si il faut traverser tous les océans a la nage.
Nous courrons une fois de plus pour prendre notre train, tentons de monter dans le Transmongolien, ne comprenant pas notre ticket nous le montrons a un contrôleur qui nous fait un signe négatif de la tête.
Comment ?
Il nous fait signe que notre train est sur l’autre plateforme, nous courons un 100 mètres avec nos 15 kilos sur le dos a la vitesse d’Usain Bolt. Nous nous jetons dans le train pensant que c’est aussi un Transmongolien.
Mais à la vue des wagons, à la fermeture des portes, à l’intérieur soviet’, nous comprenons que nous nous sommes fait avoir comme des bleus ! En effet, il ne s’agit pas du Transmongolien mais du train local UB-Erlian. Qu’elle déprime, un train digne du train local chinois pris à l’aller et ce pour les 16 prochaines heures. Nous prenons place dans notre cellule, ou deux Coréennes se trouvent. Effrayées de devoir partager leur cabine avec deux hommes, elles décident de déménager et d’échanger leur place avec les deux globe trotteurs se trouvant a côté.
Pas de soucis !
Nous tombons sur deux barbes longues, résultat d’un long voyage et venant de deux horizons bien différents. Le premier est Indien et le second est Américain. Ils parcourent le globe depuis plus de 4 ans, en hommes libres.
L’Indien voyage avec très peu d’argent, voir parfois sans argent, mais reste en Asie principalement. Il parle sept langues et a appris le chinois en six mois. Il a quitté son pays de misère où le système des castes écrase de tout son poids les petits.
L’Américain a économisé pendant 10 ans de l’argent à New York, travaillant comme un esclave. Depuis, qu’il a quitté le pays des braves, il se considère comme un homme libre, il a soif d’apprendre de « vrais cultures ». Avec sa barbe et sa casquette, nous le surnommerons Forrest Gump, dans le sens noble du terme ! Il fait partie des 30% d’américain ayant un passeport ! Et ne considère pas sa terre natale comme une patrie d’hommes libres, mais plutôt un troupeau de 300 millions d’abrutis, esclaves, corps et âmes, de l’Anglo-American Establishment. Il ajoute qu’il ne souhaite jamais revenir dans son pays. Il pense que les lois votées (Patriot Act 1 et 2) et les moyens mis en place (scan rétinien, scan corporel, puce Rfid) pour observer, contrôler et asservir les masses sont dignes des régimes totalitaires du XXe siècle.
Durant le trajet, nous apprenons à nous connaître, partageons notre vision du monde, nos voyages, nos expériences, nos bons plans.
Nous pouvons aussi remercier Forrest, qui touché par le fait que nous ayons été victime d’un vol de téléphone trois jours auparavant, nous sort de son sac un téléphone trois bandes débloqué et son chargeur. Il décide de nous l’offrir n’en ayant pas l’utilité et choisissant des personnes à qui cela pourra vraiment servir.
Après de très longues discussions nous décidons de dormir quelques heures avant l’arrivée à Erlian.
Les Frères Gastronomes
1er Tour du Monde de la Gastronomie Française

